mardi 2 août 2011

Dernière journée et premiers pas

C'est notre dernière journée aujourd'hui et pour la commencer en beauté, je vous annonce que ma cinquième dent a commencé à poindre! Je peux bien être marabout n'est-ce pas, avec toutes ces dents qui poussent en même temps?
Ce matin, je me suis réveillée encore assez tôt. Papa m'a donné un gobelet de lait. Maman était certaine que je ne me rendormirais pas, mais pourtant, ça a été le cas. J'ai dormi assez longtemps après ça, et j'ai été la dernière debout! C'est rare que ça arrive.

J'étais content de me lever, mais déçu en même temps puisque c'est notre dernière journée ici. J'aime beaucoup l'Ile-Verte et j'y resterais bien encore. Je peux jouer beaucoup dehors, avec d'autres enfants et des animaux, c'est très agréable!
Aujourd'hui, nous n'avions rien de prévu, alors nous avons déjeuné tranquillement.

Je suis rendue plus capricieuse à table. Je n'aime plus du tout qu'on me nourrisse à la cuillère et je ne veux plus rien savoir des céréales de bébé, à part si on me laisse les manger seule. Papa n'aime pas que je manipule ma cuillère parce que je l'échappe souvent et que je me salis pas mal, mais maman me laisse plus faire. C'est beaucoup plus long ainsi, mais au moins ça me met de bonne humeur et je mange plus de cette façon.

Après le déjeuner, j'ai eu le grand plaisir de découvrir que papa avait retrouvé ma brosse à dents! J'étais très très contente de ça et je me suis dépêchée d'aller l'attraper dans la main de papa. J'aime encore qu'on me brosse les dents, mais... j'aime mieux me les brosser toute seule. Alors des fois, je chigne un peu quand papa ou maman me les brosse, parce que j'ai hâte de pouvoir prendre ma brosse à dents moi-même et m'en servir à ma façon. Je suis de plus en plus indépendante, vous savez. Après tout, j'ai bientôt un an, je suis une grande fille!



Pendant qu'Émilie-Anne s'habillait et se brossait les dents, moi, j'écoutais de la musique sur l'ordinateur. J'aime beaucoup ça parce que depuis quelques jours, maman me met de la musique pendant les repas. Aujourd'hui, comme nous étions plus relax et que nous n'avions pas prévu sortir, j'ai pu continuer d'écouter des chansons et de danser devant l'ordinateur en attendant de m'habiller.

Papa essaie de me faire écouter les Smashing Pumpkins, mais je n'aime pas ça du tout. Il ne fait que nommer le nom du groupe et je crie : "Non!" pour qu'il sache que je ne veux pas écouter ça. Maman trouve ça drôle, parce qu'elle non plus n'aime pas trop ce goupe. J'aime d'ailleurs mieux le choix musical de maman, qui m'a fait écouter, ce matin, en plus de Passe-Partout, encore un peu de Bottine Souriante et de la Bolduc. J'aimais bien ça. Après, papa m'a mis une chanson des Editors et j'ai aimé ça aussi.


Une fois habillé, je suis allé sur la terrasse avec papa et Émilie-Anne pendant que maman restait à l'intérieur pour commencer à faire les bagages. Je m'amusais bien.

Moi, j'ai accompli tout un exploit sur la terrasse... Papa m'a fait marcher! Pour vrai, j'ai marché toute seule plusieurs fois, entre trois et cinq pas! Je suis une vraie championne, non? Papa a ouvert la porte-patio et a crié à maman de venir voir ça tout de suite. Elle était très fière de moi et m'a félicitée. Moi aussi je suis bien fière de moi, j'ai hâte de courir avec Thomas-Louis et de pouvoir me sauver de lui!


J'étais fier de ma petite soeur moi aussi et j'étais content de la voir marcher. Après, comme mes parents étaient tellement contents quand Émilie-Anne allait vers papa, j'ai voulu faire pareil moi aussi. Je faisais semblant de commencer à marcher et j'allais vers papa. Je me trouvais bien drôle et mes parents riaient aussi.

Après autant de péripéties, j'étais fatiguée et il était temps pour moi d'aller faire ma sieste. Ouf! C'est épuisant apprendre à marcher.

Moi, je suis allé jouer dehors avec maman. Je me suis bien amusé. J'ai joué dans le sable, je me suis glissé, puis j'ai vu les animaux. Les deux moutons étaient très énervés et ils se couraient après sur le terrain en allant donner de gros coups de tête à Cochonnet. Je ne les trouvais pas très gentils avec lui.


Heureusement, ils n'essayaient pas de m'attaquer, moi. Maman les surveillait étroitement parce qu'elle les trouvait vraiment énervés et que ce sont des animaux, quand même.
J'ai ensuite joué au soccer avec maman. Elle me faisait une passe et je lui renvoyais le ballon. Elle trouvait que je faisais très bien ça. Même que Cochonnet est venu nous rejoindre et a essayé d'attraper le ballon lui aussi!
Je suis ensuite allé jouer plus près de la maison. En-dessous de la galerie, j'ai trouvé une roue avec laquelle Clovis jouait hier. Je me suis amusé longtemps avec, à la faire rouler sur le gazon. Il y avait un petit talus, et j'aimais le monter et le redescendre avec ma roue.


Il y avait aussi une bicyclette à quatre roues, et j'ai voulu l'essayer. Maman m'a montré comment faire pour monter dessus moi-même et comment mettre les pieds sur les pédales. Malheureusement, elle était un peu trop grande pour moi et en plus, elle n'avait plus de chaîne alors je ne pouvais pas pédaler pour vrai. Je tenais très bien le guidon et maman me faisait avancer sur le petit chemin. Je voulais qu'on aille dans la rue, mais maman n'a pas voulu, parce qu'il fallait qu'elle me pousse et que ça aurait été un peu fatiguant. En tout cas, maman m'a dit qu'elle pensait que grand-papa Bertrand avait raison et que je n'aurais pas besoin de tricycle, que je serais capable de faire de la bicyclette à quatre roues l'année prochaine. J'ai déjà bien hâte d'avoir trois ans!
Quand maman a décidé qu'elle m'avait assez poussé, j'ai continué à jouer avec la bicyclette quand même. J'en montais et en descendais tout seul et je faisais ça comme un champion. Maman me surveillait de loin, assise à la table à pique-nique. J'ai fini par aller la rejoindre et à jouer là moi aussi. J'avais soif et j'ai demandé de l'eau à maman. Je ne voulais pas aller au chalet avec elle alors elle y est allée seule et m'a laissé m'amuser à la table. J'étais content et je me sentais très autonome. En plus, j'étais bien agencé avec la maison, comme vous pouvez constater.


Une fois maman revenue, je suis retourné m'amuser avec la bicyclette. Cochonnet est venu voir ce que je faisais. Je l'ai flatté et je lui ai dit: "Tu es gentil, Cochonnet. C'est à Thomas-Louis, ça", en parlant de la bicyclette. Je ne voulais pas qu'il me la prenne. Un cochon qui fait de la bicyclette, ça se peut, je crois?


Après nous être bien amusés, nous sommes retournés au chalet pour dîner. Nous mangions du bon pakiki, et c'est papa qui le préparait.


Je me suis réveillée quand j'ai entendu maman et Thomas-Louis rentrer. Maman est venue me chercher et m'a donné mon gobelet de lait. Après, on a appelé grand-maman Louise sur Skype. J'étais assise sur maman et j'ai vu grand-maman Louise et grand-papa Bertrand sur l'ordinateur! Je buvais mon lait mais j'étais très excitée (j'aime beaucoup les ordinateurs) et j'essayais d'appuyer sur le plus de touches possible. J'ai lancé mon gobelet par terre et finalement, maman m'a mise sur le plancher parce qu'elle me trouvait trop agitée.

J'étais très content de voir grand-maman Louise et grand-papa Bertrand. J'aime beaucoup Skype. Je pouvais parler avec eux. J'étais tellement énervé que je me suis étouffé en mangeant mes céréales comme collation. (Il m'arrive souvent de prendre une collation une demi-heure ou moins avant les repas...) Grand-maman Louise a trouvé ça bien énervant mais je me suis vite remis. Papa et maman m'ont (encore) dit de prendre des plus petites bouchées et de me calmer.

Je me suis réinstallé à ma place et j'ai pu parler à grand-maman Louise. En fait, je parlais tellement que maman avait de la misère à entendre ce que grand-maman disait. Entre autres, je n'arrêtais pas de répéter: "Fleuve! Fleuve!" parce que je voulais que maman le montre à mes grands-parents. En plus, maman ne comprenait pas ce que je disais et elle pensait que je parlais du coussin en forme de pieuvre. C'est papa qui a réussi à comprendre que je parlais du fleuve. J'aimais beaucoup avoir le fleuve si proche de moi et le voir si bien. Maman l'a montré à grand-maman et elle a trouvé que nous avions une très belle vue.


Nous avons dîné et j'aimais bien qu'on mange du spaghetti parce que dans ce cas-là, je peux le manger toute seule. Miam! Après avoir vidé mon plat, je l'ai tendu à maman pour qu'elle m'en redonne et après, je voulais que ce soit elle qui me nourrisse avec sa fourchette. Le spaghetti, c'est un peu difficile à manger, quand on prend une poignée il en tombe pas mal à côté.

Après le dîner, mes parents m'ont couchée, ainsi que Thomas-Louis. Je ne voulais pas dormir et en plus, j'ai fait caca. Maman m'a changée de couche et m'a remise dans mon lit mais il n'était pas question que je ferme l'oeil, d'autant plus que j'avais entendu que Thomas-Louis avait la permission d'aider papa à remplir l'auto, lui...

Émilie-Anne est trop petite pour remplir l'auto. Moi, je suis assez grand pour aider papa. Maman n'était pas contente que je ne dorme pas. Elle s'est même couchée avec moi, mais rien à faire: pas question que je dorme. C'est là que papa m'a invité à venir dehors avec lui. Gérald était venu le voir pour voir à quelle heure nous pouvions vider le chalet, et ils s'étaient entendus pour 16h. Il était 15h15, alors papa trouvait que ça ne valait pas la peine que je m'endorme pour si peu de temps. Et puis, je n'étais pas fatigué et je voulais profiter de ma dernière journée ici.


À force de pleurs et de cris, j'ai réussi à faire monter maman en haut. Elle a décidé que je pouvais me lever moi aussi et aller dehors avec les autres. Youppi! J'étais contente et je me suis amusée en arrière de l'auto pendant que papa la remplissait de nos bagages.


Une fois l'auto remplie, j'ai remarqué qu'il y avait plein d'enfants dehors à la maison. J'ai décidé d'aller jouer avec eux. J'ai pris le chemin tout seul et je l'ai remonté par moi-même pour aller les rejoindre. J'ai rencontré un petit garçon en tricycle et j'ai parlé pas mal longtemps avec lui. Je suis allé participer aux jeux et papa est venu me rejoindre.

Moi, j'ai marché avec maman. Je tenais son doigt et nous avons marché un bon bout de chemin ensemble toutes les deux. J'étais en pieds de pas et l'herbe était un peu mouillée, mais ça ne me dérangeait pas du tout. Quand j'ai été fatiguée de marcher, maman m'a prise dans ses bras et nous avons continué notre chemin toutes les deux. Une fois rendues près de la maison, maman m'a mise dans le gazon et je m'y suis amusée... jusqu'à ce que Cochonnet arrive et essaie de me renifler. J'ai eu peur et maman m'a reprise dans ses bras.


Même si j'avais peur de Cochonnet, quand il s'éloignait de nous, j'essayais toujours d'aller vers lui. J'essayais de confronter ma peur. Après tout, maman m'a dit plusieurs fois qu'il n'était pas dangereux.

Pendant ce temps, je m'amusais bien, et comme tous les autres enfants faisaient de la bicyclette, j'ai voulu réessayer d'en faire moi aussi. J'ai montré à papa comme j'étais bon pour monter sur le vélo et me tenir comme un grand.


J'ai ensuite joué dans l'aire de jeux. Je suis capable de monter plusieurs barreaux tout seul, et j'aurais bien voulu aller m'agripper aux barreaux d'en haut, qui sont très très haut (quand maman est dessous, elle n'est même pas assez grande pour les attraper, il faut qu'elle y monte elle aussi - elle m'a montré ça ce matin). Clovis y était, lui. Je disais que je voulais monter et il m'a demandé: "Qu'est-ce que tu veux faire, Thomas-Louis?" J'aurais aimé qu'il m'aide, mais je crois que c'était un peu difficile pour lui, même si c'est un grand. Maman nous surveillait pas mal quand elle l'a entendu me demander ça, parce qu'elle n'aurait pas trouvé ça une très bonne idée que je monte si haut.
Un moment donné, Florianne s'est réveillée de sa sieste. Youppi! J'avais hâte de la voir. Gérald est allé la chercher dans la maison et l'a installée dans le pick-up (il transportait des choses vers le chalet, puisqu'il était en train d'y faire le ménage). Je voulais aller la rejoindre et j'ai dit à mes parents que je voulais monter dans le pick-up. Papa ne voulait pas, mais maman lui a dit que ça ne dérangeait pas vraiment que j'y aille, alors j'y suis monté. C'était haut et j'ai eu un peu de difficulté, mais j'ai réussi. Je suis capable! J'ai dit: "Bonjour, Florianne. C'est toi qui conduis le pick-up?" Après tout, elle était assise derrière le volant et j'ai appris depuis que je suis ici qu'à la campagne, c'est beaucoup plus libéral et que tout est possible.


Florianne ne m'a pas répondu. Elle avait l'air un peu bongonne parce qu'elle venait de se lever. Je comprends ça!

Gérald est arrivé et m'a demandé si je voulais venir avec eux pour m'amuser dans le chalet. J'aimais mieux rester dehors alors j'ai débarqué du pick-up. À la place, j'ai joué avec Victor. Je l'aime bien aussi, mon futur beau-frère, hi! hi! Il est intéressant parce qu'il fait plein de choses plaisantes. Nous avons joué ensemble autour du foyer.


Après, il est parti faire du vélo avec son ancienne bicyclette et la chaîne s'est coincée. Il a demandé à maman de l'aider, mais elle avait Émilie-Anne dans les bras alors elle a envoyé papa s'en occuper à la place. Victor a l'air de s'y connaître en vélos. Quand il a vu que papa n'était pas capable de réparer la bicyclette, il a dit que Clovis serait capable, lui. Papa a mis la bicyclette à l'envers sur la table pour regarder de plus près, et Victor l'assistait. Il est même allé chercher un outil. J'aimerais bien vivre à la campagne et avoir accès à tous les outils moi aussi!
Pendant que les opérations avaient lieu, Cochonnet est venu jeter un coup d'oeil. Il a frotté son groin sur moi et je lui ai parlé. Je l'aime beaucoup.


Moi, je voulais aussi participer à la réparation du vélo, et j'ai fini par aller m'accrocher aux jambes de papa. C'est là que maman m'a prise. J'ai hâte d'être plus vieille et de pouvoir faire plein de choses trippantes moi aussi. Pour l'instant, on dirait que je suis toujours trop petite pour tout.

Maman m'a amenée au chalet pour qu'on aille chercher l'auto: c'était l'heure pour nous de quitter pour la traverse. Elle m'a installée dans mon siège et nous avons remonté jusqu'à la maison, où papa et Thomas-Louis nous attendaient.


En fait, moi, je n'attendais pas vraiment. D'abord, j'aurais voulu rester là pour toujours. Ensuite, je surveillais Cochonnet, qui était rendu dans la cave. Je le pointais en disant à mes parents "Cochonnet est là!" Maman m'a dit que c'était correct, que j'avais juste à le laisser faire. Deux cyclistes sont arrivés en disant: "La visite arrive!" Ils ont salué mes parents et leur ont demandé si c'étaient eux les propriétaires. Maman a montré Anaïs, qui revenait du chalet avec Florianne dans les bras. Quand Anaïs a vu que Cochonnet était rendu dans la cave à manger ses vidanges, elle y est descendue et a essayé de le faire sortir, mais sans succès. Florianne avait peur alors elle l'a mise dans les marches, près de maman. Le monsieur cycliste, qui s'appelait Sabin, est descendu dans la cave pour tenter de faire sortir Cochonnet. Il n'était pas capable non plus alors il a pris une corde et l'a attaché. Papa, Victor et Clovis attendaient à l'extérieur avec la corde dans les mains pour tirer sur Cochonnet le moment venu. Ça n'a pas fonctionné non plus. Finalement, Cochonnet est sorti et Anaïs a fermé la porte de la cave. Ça a été le moment pour nous de partir. Maman a attendu pour remercier Anaïs et la saluer. J'étais dans ses bras et Florianne était dans les bras d'Anaïs. Nous nous sommes dit "Babye!" J'espère la revoir bientôt.

Maman m'a installé dans mon siège et nous sommes partis. Snif!


Moi, on m'a laissée à l'abandon dans mon siège tout le temps que durait l'opération "Sortons Cochonnet de la cave". Mouais! Je suis vite oubliée. De toute façon, j'avais ma doudou avec moi, alors je n'ai pas pleuré. J'avais envie de m'endormir.

Une fois rendus à la tarverse... je me suis endormi.


Moi aussi.


Alors nous n'avons encore rien vu. En plus, je me suis réveillé peu de temps après. Je me reprendrai lors d'une prochaine visite, promis. D'après maman, de toute façon, c'était tellement brumeux qu'on ne voyait rien du tout.

Quand je me suis réveillée, papa m'a donné du lait à boire. Nous avons arrêté dans une halte routière dans le coin de St-Pascal puis nous avons filé à la maison. Je n'étais pas très patiente et je pleurais un peu, mais nous n'avons plus arrêté.

Ma tante Rachelle est venue nous voir pour nous apporter la clé et prendre des nouvelles de notre voyage. Nous avons passé de très belles vacances et j'ai adoré le rythme de vie à la campagne. Je vais essayer de convaincre mes parents de déménager à l'Ile-Verte...

lundi 1 août 2011

Les bouetteux ou le retour d'un amour

Cette nuit, j'ai chigné pas mal. J'avais fait un petit caca et, comme ça ne m'arrive jamais la nuit, mes parents n'ont pas pensé à vérifier ma couche. Papa m'a donné un gobelet de lait vers six heures. J'en ai bu un peu et je me suis rendormie. Vers huit heures, je me suis réveillée à nouveau, j'ai bu le reste de mon gobelet et je me suis mise à jaser pour que mes parents sachent que j'étais prête à me lever. J'ai joué un peu avec eux dans le lit, puis maman est descendue. Elle ne voulait pas qu'on traîne trop car on devait aller voir les gens qui arrivaient par le sentier de la bouette (ils devaient partir à huit heures et arriver à l'Ile vers dix heures).

Moi, j'ai très bien dormi, je me suis réveillé une fois parce que je ne trouvais plus ma suce et c'est tout. Même si j'étais seul dans mon grand lit au coucher hier soir, je me suis endormi très vite et ça a été ma meilleure nuit depuis longtemps. J'étais donc de bien bonne humeur et en pleine forme ce matin.
Nous nous sommes vite installés pour déjeuner et maman a dit qu'il faudrait se dépêcher de manger si on voulait être prêts à temps. Papa a trouvé ça drôle parce que comme d'habitude, Émilie-Anne mangeait très lentement et il ne pouvait pas la faire manger plus vite que ça.

Eh oui, c'est toujours de ma faute si on passe des heures à table. J'aime savourer chaque bouchée. De toute façon, quand je mange trop vite, on me dit de prendre mon temps parce que je vais m'étouffer. Alors il faudrait se faire une idée, non?
Je n'ai pas mangé si longtemps que ça ce matin, et une fois bien remplie de céréales et de bananes, je suis allée jouer par terre. J'aime ma doudou d'un amour profond et inconditionnel, un peu plus chaque jour, et j'aime beaucoup jouer avec et m'enrouler dedans.

Maman est allée prendre sa douche et nous a habillés, Émilie-Anne et moi. Nous étions prêts à partir un peu passé dix heures et maman avait peur de manquer les "bouetteux". En plus, avant de prendre la route, elle devait rapporter la fécule de maïs à la maison. Nous avons donc arrêté là, et maman a été accueillie par Cochonnet.




Il a failli monter dans l'auto et au moment de redécoller, maman ne savait plus où il était et elle avait peur qu'il soit rendu couché sous l'auto (il aime se coucher sous le pick-up). Elle ne voulait pas l'écraser. Papa a ouvert sa porte pour vérifier où était Cochonnet et il l'a vu, juste à côté de lui. Craignant que Cochonnet tente encore une fois de monter dans la voiture, il a vite fermé sa porte et on est partis, faisant attention aux moutons, pour ne pas les écraser non plus!




Nous avons roulé jusqu'à la traverse, même si papa et maman n'étaient pas certains que c'était là qu'il fallait aller exactement. Ils ont pris pour acquis que les bouetteux arriveraient par là puisqu'ils avaient vu le lieu où ils se rassembleraient pour dîner, juste en haut de la traverse. Nous nous sommes stationnés et avons descendu la côte pour se rendre au quai.




Au début, je ne voulais pas marcher et papa n'était pas très content. Moi non plus et je me suis mis à crier et pleurer. Maman m'a dit de venir l'aider à pousser la poussette d'Émilie-Anne, et là j'étais content. Nous tenions chacun l'une des poignées et ça a très bien été. Maman m'a remercié de mon aide précieuse.


Finalement, rendus en bas de la côte, nous avons vu les bouetteux qui étaient encore bien loin du bord. Nous ne voyions que de petits points, au début, papa pensait que c'était peut-être des poteaux mais maman a vu qu'ils bougeaient. Il y avait d'autres gens qui attendaient et qui ont dit qu'ils s'en venaient par ici, donc on a su qu'on était à la bonne place.


Comme nous attendions de les voir tous arriver, il nous restait pas mal de temps à perdre. J'ai marché sur le quai un peu mais ça stressait mes parents parce que c'était plutôt dangereux.




Moi, il n'y avait aucune inquiétude à y avoir à mon sujet car j'étais dans ma poussette. Je suis restée sur le quai avec papa et Thomas-Louis et maman sont allés explorer un peu les environs. J'étais un peu fatiguée mais j'étais de bonne humeur quand même, et j'avais ma doudou avec moi.



Avec maman, j'ai vu plein de choses trippantes, à commencer par un beau pick-up Ford avec un bouchon en forme de cavalier. Maman m'a demandé ce que c'était et je lui ai répondu: "Un cheval avec un monsieur à bicyclette". Maman trouve que je parle vraiment de mieux en mieux et pense que les gens vont trouver que j'ai progressé beaucoup quand ils vont me revoir à notre retour.




Nous avons aussi vu plusieurs bateaux qui avaient l'air échoués, vu la marée basse.




Un moment donné, j'ai même aperçu un chien semblable à celui que ma marraine et tante Cinthia vont avoir bientôt! C'est maman qui me l'a montré et qui me l'a dit. C'est un très gros chien, presque aussi gros que Cochonnet, mais pas de la même couleur.




En attendant les bouetteux, nous nous sommes installés sur un petit garde-fou jaune. Je ramassais des roches et je jouais avec Monsieur le Singe. Je devais rester de ce côté-ci, même si je voulais aller dans le "gazon", parce que maman me disait qu'il y avait un gros précipice qu'on ne voyait pas juste en arrière du foin.



Monsieur le Singe a désobéi et a marché de l'autre côté du garde-fou. Maman l'a réprimandé et lui a dit que les mêmes règlements s'appliquaient pour lui que pour moi. J'étais content de voir qu'il n'y avait pas de passe-droit pour lui. Il a ensuite marché avec moi sur le garde-fou, ça on avait le droit de le faire.




Papa et moi sommes restés au bout du quai assez longtemps, puis nous sommes allés rejoindre maman et Thomas-Louis. Les bouetteux commençaient à arriver de plus en plus nombreux, alors qu'au début, ils n'étaient que quelques-uns espacés.






À mesure qu'ils arrivaient, les gens sur le quai les applaudissaient. J'aimais bien participer moi aussi et leur donner des félicitations!



Plusieurs allaient s'asseoir sur les rochers après s'être lavé les pieds et avoir rincé leurs espadrilles - ou avant. Il y avait de plus en plus de monde. En fait, au moins 450 personnes ont participé au sentier de la bouette cette année, d'après ce que j'ai entendu des conversations autour de moi. Un monsieur disait qu'il avait compté tous les gens, mais je ne sais pas si c'était vrai.



C'était un peu long et nous, nous attendions de voir les gens que nous connaissions, c'est-à-dire la soeur de Clara, son beau-frère et ses neveux. Je jouais proche d'un trou et maman n'aimait pas ça du tout car on ne voyait pas le fond et elle avait peur que je me prenne un pied dedans. Papa trouvait ça drôle qu'elle ait peur d'un trou et moi j'aimais beaucoup mettre des choses dedans: mes roches ou le sable. Après, je voulais aller chercher mes roches mais maman m'a dit qu'elles étaient perdues à jamais. Tant pis! Il y en a tellement que j'en trouverai bien d'autres.









Plus tard, nous avons remarqué que le trou avait grossi; il avait au moins doublé de largeur. Maman a dit qu'elle avait bien raison de ne pas lui faire confiance et de le trouver dangereux.


Comme je m'ennuyais un peu, papa a proposé de me mettre sur ses épaules. J'ai accepté et on s'est promené un peu comme ça. Je voyais maintenant tout très bien.


Je n'ai pas voulu y rester très longtemps et j'ai demandé à débarquer. Je voulais être sur les épaules de maman, c'était ça, la vérité! Je lui ai demandé et elle m'a pris à son tour.



Nous nous sommes promenés sur le quai et maman faisait des bruits de cheval. C'était plaisant. Nous avons vu le Jeep de Paul l'infirmier, et maman lui a parlé (à Paul, pas au Jeep). Elle lui a dit qu'Émilie-Anne allait très bien et m'a présenté à lui. Il m'a dit que j'étais beau. Maman trouvait que son Jeep ressemblait beaucoup à celui que grand-maman Louise avait dans le temps. Il n'est pas rouge, cependant, il est plutôt gris/beige.


Nous sommes retournés vers papa et Émilie-Anne (qui s'était endormie) et je suis débarqué. Maman se sentait très légère après et avait l'impression qu'elle allait s'envoler.
Nous avons finalement vu une petite tête blonde qui approchait dans la boue. C'était Victor, le neveu de Clara. Il était avec Clovis et Gérald. Victor avait l'air bien fatigué de sa randonnée. Les deux garçons sont allés rejoindre Anaïs sur les rochers. Nous ne l'avions pas vue arriver. Elle était avec... Florianne! Je ne pensais pas qu'on allait la voir là car Clara avait dit à maman qu'Anaïs faisait la marche avec ses deux plus vieux seulement.



Maintenant que tout le monde était arrivé, maman et papa ont décidé d'aller s'acheter des pops. J'ai attendu avec papa et maman est vite revenue avec un fudge et un M. Freeze aux vrais fruits pour papa. J'ai pris une bouchée par ci, une bouchée par là, en alternant d'une friandise à l'autre. J'avais la bouche toute chocolatée! Je recommençais à être impatient et je voulais absolument pousser Émilie-Anne dans sa poussette, mais maman ne voulait pas parce qu'elle dormait et qu'elle ne voulait pas que je la réveille. Maman m'a donc proposé de l'accompagner à la poubelle pour jeter nos papiers. J'ai accepté avec plaisir. Nous sommes retournés au stand de crème glacée et la madame a ri quand elle m'a vu la bouche pleine de fudge. Elle nous a donné une napkin et maman a essayé de me nettoyer, mais c'était tout collé alors ça ne partait pas.


J'ai marché avec maman et nous avons vu les installations où les gens pouvaient se laver les pieds et rincer leurs espadrilles. J'aimais ça regarder ça. Ensuite, nous avons marché un peu vers les rochers et nous avons vite rencontré Anaïs et ses enfants. J'étais tout content de voir Florianne. Elle me tournait un peu autour aussi. Maman a parlé avec Anaïs puis nous nous sommes laissés. Florianne nous a dit "bye".


Avec papa et Émilie-Anne toujours endormie, nous avons remonté la côte et sommes retournés à l'auto. C'était l'heure de dîner.




Je me suis réveillée quand papa m'a sortie de ma poussette pour me mettre dans mon siège d'auto. Je ne savais plus trop où j'étais et je pleurais tout doucement. Je me suis vite calmée et j'étais bien réveillée en arrivant chez nous. J'ai joué dehors avec papa et Thomas-Louis pendant que maman rentrait faire chauffer le dîner. Mon inséparable doudou était évidemment à mes côtés.


Thomas-Louis est venu frotter sa tête contre la mienne. Je crois qu'il fait ça parce qu'il m'aime, mais il finit toujours par pousser le plus fort possible et par me faire tomber, ce qui fait que je me mets finalement à pleurer. Cette fois-ci, comme nous étions dans le gazon et que maman est intervenue, il n'y a pas eu de larmes.







Nous nous sommes bien amusés, puis c'était l'heure de dîner. Pendant que Thomas-Louis lavait ses mains avec papa, je commençais à manger avec maman. Miam! J'avais faim.




Encore une fois, papa trouvait que je ne mangeais pas grand-chose. Je ne voulais pas du steak, je voulais du pain. J'ai aussi mangé des pêches et des soufflés.


Après le dîner, j'ai aidé papa à balayer pendant que maman faisait la vaisselle. Puis, ça a été l'heure du dodo d'après-midi. Je ne voulais pas dormir tout de suite alors j'ai fait semblant que j'avais fait caca. Maman est venue pour me changer mais elle a vu que ma couche était vide. Elle m'a donc recouché. Papa est venu me rejoindre dans mon lit et je me suis ensuite endormi.




Moi, je ne dormais pas, je chignais, parce que moi, c'était vrai que j'avais fait caca. Maman est venue me changer et après, j'ai pu m'endormir confortablement.




Un moment donné, maman est sortie. Elle allait faire de la bicyclette. La porte a grincé et ça m'a réveillé. Je me demandais où maman s'en allait et j'étais tout troublé de ça. Papa m'a dit qu'elle ne s'en allait pas loin et qu'on pouvait se rendormir. Je suis donc replongé dans le sommeil.


À mon réveil, j'ai mangé des biscottes et nous sommes partis en auto afin de repérer la plage, puisqu'ils annoncent de la pluie demain et que nous ne pourrons pas y retourner. Anaïs avait donné d'autres points de repère à maman pour qu'elle puisse se retrouver.




Je n'étais pas contente du tout de retourner en auto et j'ai pleuré très fort tout le long du trajet. Papa n'était pas content non plus que nous réessayions d'aller à la plage. En plus, rendus là, mes parents n'étaient pas encore sûrs du chemin à emprunter alors ils ont reviré! J'ai continué à pleurer jusqu'à la maison. Là, maman a proposé qu'on aille "au parc" avec Thomas-Louis. Elle m'a mis des bas et un chandail parce que ça avait vraiment refroidi d'un coup.




Moi aussi j'ai mis mon gros chandail, et je voulais absolument mettre la capine. Nous sommes allés jouer dans le carré de sable, Émilie-Anne et moi.





C'était bien plaisant. Un moment donné, j'ai entendu des pleurs dans la maison alors j'ai tendu l'oreille.




Peu de temps après, Clovis est sorti jouer dehors, suivi de Victor. Au début, Clovis jouait avec son vélo, mais Victor est tout de suite venu nous rejoindre.
Cochonnet était aussi de la partie.




Quand je l'ai vu approcher, je me suis mise à chigner pour que maman me prenne vite dans ses bras! J'avais encore peur de lui. Pour l'éloigner de moi, Clovis et Victor ont décidé de l'emmener pour faire du rodéo avec lui. Cochonnet n'avait pas l'air content du tout et Anaïs est intervenue en leur disant qu'il n'avait pas l'air d'aimer ça. Cochonnet est allé se cacher en-dessous de la galerie. Maman trouvait que je m'étais améliorée car quand j'étais dans ses bras, j'étais moins effrayée quand Cochonnet s'approchait de nous. J'essaie de vaincre ma peur. Clovis et Victor sont revenus vers l'aire de jeux puisque Cochonnet s'était sauvé.




Les neveux de Clara sont vraiment des as grimpeurs et je trouvais ça impressionnant les regarder faire tout ce qu'ils savent faire. Par exemple, Clovis se glisse debout.





Victor a aussi essayé et je le regardais faire, tout content. J'aurais aimé être capable moi aussi.








Maman était un peu inquiète quand nous étions tous les trois sur l'air de jeux parce qu'elle avait peur que je tombe. Moi, je ne m'inquiétais pas du tout! J'étais avec des grands très habiles et habitués de faire n'importe quoi là-dessus.




Finalement, ça a malheureusement été l'heure de souper alors nous avons dû retourner au chalet. J'ai dit "bye bye" aux garçons, mais surtout à Cochonnet, à qui j'ai dit: "Babye, Cochonnet, à plus tard!"




Pendant que les garçons s'amusaient dans l'aire de jeux, moi, j'étais dans les bras de maman. Après, elle m'a remise par terre et Clovis est venu me dire que j'avais la même petite voix que sa soeur.


Nous avons soupé, puis ça a été l'heure du bain.




Je me suis lavé le premier et après, j'ai bu mon lait en attendant maman pour qu'elle vienne me lire une histoire de pirates et Lustucru. Ce soir, j'ai insisté pour qu'on s'installe sur la peau de mouton pour notre séance de lecture.




Moi aussi j'ai écouté Lustucru, mais après, papa m'a prise dans ses bras parce que j'étais tombée en m'enfargeant dans mes pieds et dans maman et je pleurais. En plus, j'aime bien les séances de lecture mais je manque toujours de déchirer les pages en voulant les tourner trop vite.


En attendant l'heure du dodo, papa m'a amenée sur la terrasse et nous avons regardé ensemble l'orage qui se préparait.





Ensuite, il m'a amenée me coucher. Bonne nuit!




Dès que j'ai mis ma tête sur l'oreiller, l'orage a éclaté. Je n'ai donc pas dormi avant longtemps. Papa est venu se coucher avec moi pour essayer de me rassurer, mais je n'arrêtais pas de rire dans ma chambre avec lui. Maman est venue avec l'ordinateur portable et j'ai vu Clara! Elle était en train de parler avec maman sur Skype. Je lui ai donc parlé un peu. Après, maman est ressortie. Là, c'est vraiment l'heure du dodo. Demain, c'est notre dernière journée ici, déjà! Toute bonne chose a une fin.


Enfin, je vous dis bonne nuit et à demain!