Moi, j'ai très bien dormi, je me suis réveillé une fois parce que je ne trouvais plus ma suce et c'est tout. Même si j'étais seul dans mon grand lit au coucher hier soir, je me suis endormi très vite et ça a été ma meilleure nuit depuis longtemps. J'étais donc de bien bonne humeur et en pleine forme ce matin.
Nous nous sommes vite installés pour déjeuner et maman a dit qu'il faudrait se dépêcher de manger si on voulait être prêts à temps. Papa a trouvé ça drôle parce que comme d'habitude, Émilie-Anne mangeait très lentement et il ne pouvait pas la faire manger plus vite que ça.
Eh oui, c'est toujours de ma faute si on passe des heures à table. J'aime savourer chaque bouchée. De toute façon, quand je mange trop vite, on me dit de prendre mon temps parce que je vais m'étouffer. Alors il faudrait se faire une idée, non?
Je n'ai pas mangé si longtemps que ça ce matin, et une fois bien remplie de céréales et de bananes, je suis allée jouer par terre. J'aime ma doudou d'un amour profond et inconditionnel, un peu plus chaque jour, et j'aime beaucoup jouer avec et m'enrouler dedans.
Il a failli monter dans l'auto et au moment de redécoller, maman ne savait plus où il était et elle avait peur qu'il soit rendu couché sous l'auto (il aime se coucher sous le pick-up). Elle ne voulait pas l'écraser. Papa a ouvert sa porte pour vérifier où était Cochonnet et il l'a vu, juste à côté de lui. Craignant que Cochonnet tente encore une fois de monter dans la voiture, il a vite fermé sa porte et on est partis, faisant attention aux moutons, pour ne pas les écraser non plus!
Nous avons roulé jusqu'à la traverse, même si papa et maman n'étaient pas certains que c'était là qu'il fallait aller exactement. Ils ont pris pour acquis que les bouetteux arriveraient par là puisqu'ils avaient vu le lieu où ils se rassembleraient pour dîner, juste en haut de la traverse. Nous nous sommes stationnés et avons descendu la côte pour se rendre au quai.
Au début, je ne voulais pas marcher et papa n'était pas très content. Moi non plus et je me suis mis à crier et pleurer. Maman m'a dit de venir l'aider à pousser la poussette d'Émilie-Anne, et là j'étais content. Nous tenions chacun l'une des poignées et ça a très bien été. Maman m'a remercié de mon aide précieuse.
Finalement, rendus en bas de la côte, nous avons vu les bouetteux qui étaient encore bien loin du bord. Nous ne voyions que de petits points, au début, papa pensait que c'était peut-être des poteaux mais maman a vu qu'ils bougeaient. Il y avait d'autres gens qui attendaient et qui ont dit qu'ils s'en venaient par ici, donc on a su qu'on était à la bonne place.
Comme nous attendions de les voir tous arriver, il nous restait pas mal de temps à perdre. J'ai marché sur le quai un peu mais ça stressait mes parents parce que c'était plutôt dangereux.
Moi, il n'y avait aucune inquiétude à y avoir à mon sujet car j'étais dans ma poussette. Je suis restée sur le quai avec papa et Thomas-Louis et maman sont allés explorer un peu les environs. J'étais un peu fatiguée mais j'étais de bonne humeur quand même, et j'avais ma doudou avec moi.
Avec maman, j'ai vu plein de choses trippantes, à commencer par un beau pick-up Ford avec un bouchon en forme de cavalier. Maman m'a demandé ce que c'était et je lui ai répondu: "Un cheval avec un monsieur à bicyclette". Maman trouve que je parle vraiment de mieux en mieux et pense que les gens vont trouver que j'ai progressé beaucoup quand ils vont me revoir à notre retour.
Un moment donné, j'ai même aperçu un chien semblable à celui que ma marraine et tante Cinthia vont avoir bientôt! C'est maman qui me l'a montré et qui me l'a dit. C'est un très gros chien, presque aussi gros que Cochonnet, mais pas de la même couleur.
Papa et moi sommes restés au bout du quai assez longtemps, puis nous sommes allés rejoindre maman et Thomas-Louis. Les bouetteux commençaient à arriver de plus en plus nombreux, alors qu'au début, ils n'étaient que quelques-uns espacés.

Plusieurs allaient s'asseoir sur les rochers après s'être lavé les pieds et avoir rincé leurs espadrilles - ou avant. Il y avait de plus en plus de monde. En fait, au moins 450 personnes ont participé au sentier de la bouette cette année, d'après ce que j'ai entendu des conversations autour de moi. Un monsieur disait qu'il avait compté tous les gens, mais je ne sais pas si c'était vrai.
C'était un peu long et nous, nous attendions de voir les gens que nous connaissions, c'est-à-dire la soeur de Clara, son beau-frère et ses neveux. Je jouais proche d'un trou et maman n'aimait pas ça du tout car on ne voyait pas le fond et elle avait peur que je me prenne un pied dedans. Papa trouvait ça drôle qu'elle ait peur d'un trou et moi j'aimais beaucoup mettre des choses dedans: mes roches ou le sable. Après, je voulais aller chercher mes roches mais maman m'a dit qu'elles étaient perdues à jamais. Tant pis! Il y en a tellement que j'en trouverai bien d'autres.
Plus tard, nous avons remarqué que le trou avait grossi; il avait au moins doublé de largeur. Maman a dit qu'elle avait bien raison de ne pas lui faire confiance et de le trouver dangereux.
Je n'ai pas voulu y rester très longtemps et j'ai demandé à débarquer. Je voulais être sur les épaules de maman, c'était ça, la vérité! Je lui ai demandé et elle m'a pris à son tour.
Nous nous sommes promenés sur le quai et maman faisait des bruits de cheval. C'était plaisant. Nous avons vu le Jeep de Paul l'infirmier, et maman lui a parlé (à Paul, pas au Jeep). Elle lui a dit qu'Émilie-Anne allait très bien et m'a présenté à lui. Il m'a dit que j'étais beau. Maman trouvait que son Jeep ressemblait beaucoup à celui que grand-maman Louise avait dans le temps. Il n'est pas rouge, cependant, il est plutôt gris/beige.
À mesure qu'ils arrivaient, les gens sur le quai les applaudissaient. J'aimais bien participer moi aussi et leur donner des félicitations!
Comme je m'ennuyais un peu, papa a proposé de me mettre sur ses épaules. J'ai accepté et on s'est promené un peu comme ça. Je voyais maintenant tout très bien.
Nous sommes retournés vers papa et Émilie-Anne (qui s'était endormie) et je suis débarqué. Maman se sentait très légère après et avait l'impression qu'elle allait s'envoler.
Nous avons finalement vu une petite tête blonde qui approchait dans la boue. C'était Victor, le neveu de Clara. Il était avec Clovis et Gérald. Victor avait l'air bien fatigué de sa randonnée. Les deux garçons sont allés rejoindre Anaïs sur les rochers. Nous ne l'avions pas vue arriver. Elle était avec... Florianne! Je ne pensais pas qu'on allait la voir là car Clara avait dit à maman qu'Anaïs faisait la marche avec ses deux plus vieux seulement.
Maintenant que tout le monde était arrivé, maman et papa ont décidé d'aller s'acheter des pops. J'ai attendu avec papa et maman est vite revenue avec un fudge et un M. Freeze aux vrais fruits pour papa. J'ai pris une bouchée par ci, une bouchée par là, en alternant d'une friandise à l'autre. J'avais la bouche toute chocolatée! Je recommençais à être impatient et je voulais absolument pousser Émilie-Anne dans sa poussette, mais maman ne voulait pas parce qu'elle dormait et qu'elle ne voulait pas que je la réveille. Maman m'a donc proposé de l'accompagner à la poubelle pour jeter nos papiers. J'ai accepté avec plaisir. Nous sommes retournés au stand de crème glacée et la madame a ri quand elle m'a vu la bouche pleine de fudge. Elle nous a donné une napkin et maman a essayé de me nettoyer, mais c'était tout collé alors ça ne partait pas.
Thomas-Louis est venu frotter sa tête contre la mienne. Je crois qu'il fait ça parce qu'il m'aime, mais il finit toujours par pousser le plus fort possible et par me faire tomber, ce qui fait que je me mets finalement à pleurer. Cette fois-ci, comme nous étions dans le gazon et que maman est intervenue, il n'y a pas eu de larmes.
C'était bien plaisant. Un moment donné, j'ai entendu des pleurs dans la maison alors j'ai tendu l'oreille.
Peu de temps après, Clovis est sorti jouer dehors, suivi de Victor. Au début, Clovis jouait avec son vélo, mais Victor est tout de suite venu nous rejoindre.
Cochonnet était aussi de la partie.
Nous avons finalement vu une petite tête blonde qui approchait dans la boue. C'était Victor, le neveu de Clara. Il était avec Clovis et Gérald. Victor avait l'air bien fatigué de sa randonnée. Les deux garçons sont allés rejoindre Anaïs sur les rochers. Nous ne l'avions pas vue arriver. Elle était avec... Florianne! Je ne pensais pas qu'on allait la voir là car Clara avait dit à maman qu'Anaïs faisait la marche avec ses deux plus vieux seulement.
J'ai marché avec maman et nous avons vu les installations où les gens pouvaient se laver les pieds et rincer leurs espadrilles. J'aimais ça regarder ça. Ensuite, nous avons marché un peu vers les rochers et nous avons vite rencontré Anaïs et ses enfants. J'étais tout content de voir Florianne. Elle me tournait un peu autour aussi. Maman a parlé avec Anaïs puis nous nous sommes laissés. Florianne nous a dit "bye".
Avec papa et Émilie-Anne toujours endormie, nous avons remonté la côte et sommes retournés à l'auto. C'était l'heure de dîner.
Je me suis réveillée quand papa m'a sortie de ma poussette pour me mettre dans mon siège d'auto. Je ne savais plus trop où j'étais et je pleurais tout doucement. Je me suis vite calmée et j'étais bien réveillée en arrivant chez nous. J'ai joué dehors avec papa et Thomas-Louis pendant que maman rentrait faire chauffer le dîner. Mon inséparable doudou était évidemment à mes côtés.
Nous nous sommes bien amusés, puis c'était l'heure de dîner. Pendant que Thomas-Louis lavait ses mains avec papa, je commençais à manger avec maman. Miam! J'avais faim.
Encore une fois, papa trouvait que je ne mangeais pas grand-chose. Je ne voulais pas du steak, je voulais du pain. J'ai aussi mangé des pêches et des soufflés.
Après le dîner, j'ai aidé papa à balayer pendant que maman faisait la vaisselle. Puis, ça a été l'heure du dodo d'après-midi. Je ne voulais pas dormir tout de suite alors j'ai fait semblant que j'avais fait caca. Maman est venue pour me changer mais elle a vu que ma couche était vide. Elle m'a donc recouché. Papa est venu me rejoindre dans mon lit et je me suis ensuite endormi.
Moi, je ne dormais pas, je chignais, parce que moi, c'était vrai que j'avais fait caca. Maman est venue me changer et après, j'ai pu m'endormir confortablement.
Un moment donné, maman est sortie. Elle allait faire de la bicyclette. La porte a grincé et ça m'a réveillé. Je me demandais où maman s'en allait et j'étais tout troublé de ça. Papa m'a dit qu'elle ne s'en allait pas loin et qu'on pouvait se rendormir. Je suis donc replongé dans le sommeil.
À mon réveil, j'ai mangé des biscottes et nous sommes partis en auto afin de repérer la plage, puisqu'ils annoncent de la pluie demain et que nous ne pourrons pas y retourner. Anaïs avait donné d'autres points de repère à maman pour qu'elle puisse se retrouver.
Je n'étais pas contente du tout de retourner en auto et j'ai pleuré très fort tout le long du trajet. Papa n'était pas content non plus que nous réessayions d'aller à la plage. En plus, rendus là, mes parents n'étaient pas encore sûrs du chemin à emprunter alors ils ont reviré! J'ai continué à pleurer jusqu'à la maison. Là, maman a proposé qu'on aille "au parc" avec Thomas-Louis. Elle m'a mis des bas et un chandail parce que ça avait vraiment refroidi d'un coup.
Moi aussi j'ai mis mon gros chandail, et je voulais absolument mettre la capine. Nous sommes allés jouer dans le carré de sable, Émilie-Anne et moi.
Cochonnet était aussi de la partie.
Quand je l'ai vu approcher, je me suis mise à chigner pour que maman me prenne vite dans ses bras! J'avais encore peur de lui. Pour l'éloigner de moi, Clovis et Victor ont décidé de l'emmener pour faire du rodéo avec lui. Cochonnet n'avait pas l'air content du tout et Anaïs est intervenue en leur disant qu'il n'avait pas l'air d'aimer ça. Cochonnet est allé se cacher en-dessous de la galerie. Maman trouvait que je m'étais améliorée car quand j'étais dans ses bras, j'étais moins effrayée quand Cochonnet s'approchait de nous. J'essaie de vaincre ma peur. Clovis et Victor sont revenus vers l'aire de jeux puisque Cochonnet s'était sauvé.
Les neveux de Clara sont vraiment des as grimpeurs et je trouvais ça impressionnant les regarder faire tout ce qu'ils savent faire. Par exemple, Clovis se glisse debout.

Finalement, ça a malheureusement été l'heure de souper alors nous avons dû retourner au chalet. J'ai dit "bye bye" aux garçons, mais surtout à Cochonnet, à qui j'ai dit: "Babye, Cochonnet, à plus tard!"
En attendant l'heure du dodo, papa m'a amenée sur la terrasse et nous avons regardé ensemble l'orage qui se préparait.
Maman était un peu inquiète quand nous étions tous les trois sur l'air de jeux parce qu'elle avait peur que je tombe. Moi, je ne m'inquiétais pas du tout! J'étais avec des grands très habiles et habitués de faire n'importe quoi là-dessus.
Pendant que les garçons s'amusaient dans l'aire de jeux, moi, j'étais dans les bras de maman. Après, elle m'a remise par terre et Clovis est venu me dire que j'avais la même petite voix que sa soeur.
Nous avons soupé, puis ça a été l'heure du bain.
Je me suis lavé le premier et après, j'ai bu mon lait en attendant maman pour qu'elle vienne me lire une histoire de pirates et Lustucru. Ce soir, j'ai insisté pour qu'on s'installe sur la peau de mouton pour notre séance de lecture.
Moi aussi j'ai écouté Lustucru, mais après, papa m'a prise dans ses bras parce que j'étais tombée en m'enfargeant dans mes pieds et dans maman et je pleurais. En plus, j'aime bien les séances de lecture mais je manque toujours de déchirer les pages en voulant les tourner trop vite.
Dès que j'ai mis ma tête sur l'oreiller, l'orage a éclaté. Je n'ai donc pas dormi avant longtemps. Papa est venu se coucher avec moi pour essayer de me rassurer, mais je n'arrêtais pas de rire dans ma chambre avec lui. Maman est venue avec l'ordinateur portable et j'ai vu Clara! Elle était en train de parler avec maman sur Skype. Je lui ai donc parlé un peu. Après, maman est ressortie. Là, c'est vraiment l'heure du dodo. Demain, c'est notre dernière journée ici, déjà! Toute bonne chose a une fin.
Enfin, je vous dis bonne nuit et à demain!
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